samedi 17 février 2018

LES VESTIGES DU JOUR






Titre original : "The remains of the day" -1989-
Auteur : Kazuo ISHIGURO
Traduction : Sophie MAYOUX
Editions : Gallimard Folio n°5040 - 2010 - 339 pages.

Il y a parfois des hasards heureux dans l'ordre de nos lectures !
Je venais juste de terminer "La guerre allemande", lorsque j'ai entamé la lecture des "Vestiges du jour" et cette dernière est venue éclairer la première, tout autant que l'inverse.

La seconde guerre mondiale est terminée depuis déjà quelques années. Sa Seigneurie, Lord Darlington a quitté ce monde, marquée par l'opprobre que lui ont valu ses efforts de conciliation avec l'Allemagne, même si ce n'est pas en ces termes qu'il aurait défini son action. Le domaine a été vendu à un riche américain, le monde a tourné.





 James Stevens, fils de majordome et majordome lui-même à Darlington Hall depuis les années 20, se voit proposer  par son nouveau maître,  Mr Farraday, de prendre  "un petit congé", tandis que celui-ci retourne aux Etats-Unis durant quelques semaines. Il lui laisse, pour ce faire, l'usage de sa voiture.

Touché par cette suggestion qu'il ne prend d'abord  "pas du tout au sérieux", Stevens commence à pouvoir envisager cette éventualité après avoir reçu une lettre de Miss Kenton, l'ancienne intendante du domaine, avec laquelle il avait autrefois entretenu des rapports professionnels complexes et qui vit à présent en Cornouailles.

Miss Kenton, en fait Mrs Benn, semble montrer "une indéniable nostalgie de Darlington Hall", juste au moment ou Stevens, qui a dû se séparer de la majorité de la domesticité, constate qu'un employé supplémentaire serait bien nécessaire à la bonne marche de la maison.
Il s'accorde donc six jours , non pour son seul plaisir mais par obligation professionnelle, et prend la route, après avoir averti Miss Kenton de sa venue.

C'est son journal de voyage que nous allons découvrir, dans lequel il note, jour après jour,  de son beau style précis et corseté,  la douceur des paysages de ce coin d'Angleterre, les petits incidents qui émaillent son parcours, les rencontres avec les gens du coin. C'est également une occasion pour lui de se remémorer cette curieuse Miss Kenton, qu'il avait dû reprendre à plusieurs occasions, bien que sa compétence ne puisse jamais être prise en défaut. Occasion également de faire le point sur ce qui avait été l'ambition de sa vie : être un "grand majordome", avec tout ce que ce qualificatif suppose de "dignité"  et de "loyauté".




Mais que lisons-nous en fait ? Le récit d'une vie réussie ou celle d'une vie perdue, celle d'une inexistence ?

Bien sûr, Stevens à atteint la "grandeur". La maison à laquelle il était affilié était "réellement distinguée" et il n'a rien à redire sur "la valeur morale " de son employeur, sa Seigneurie,  à la clairvoyance de laquelle il s'est remis en toute confiance.
Oui, il a, en toute occasion, "habité" son rôle. Il ne s'est pas laissé ébranler par les évènements extérieurs, "fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants" et c'est bien là ce qui lui a fait atteindre "la dignité".
Mais qu'a-til compris des fleurs que Miss Kenton souhaitaient lui apporter pour égayer son office, des soirs d'été qui l'émouvaient, des larmes versées au décès de sa tante, de ses sorties, de son départ pour se marier ? Si peu, si ce n'est rien.




Voilà donc ce qui se passe, lorsqu'on abandonne  tout libre-arbitre, quand on obéit sans réfléchir à ce que signifie l'acte que l'on va poser,  quand on accepte d'être moqué sans frémir, quand on confond son destin avec celui d'un autre, que l'on considère comme plus grand.

Dans ce livre magnifique, d'une retenue et d'une élégance parfaites, Kasuo Ishiguro réussit  d'un seul jet, à décrire le déclin d'un monde, les affres de l'amour,  tout en décortiquant les ressorts qui mènent, sans bruit,  à l'aliénation.


"Quel terrible gâchis, j'ai fait de ma vie"
Miss Kenson


Les trois photos sont issues du film, du même titre,  que James Ivory a tiré de ce roman.

mercredi 14 février 2018

LES VERSETS DU PARDON






Auteure : Myriam ANTAKI
Editions : Actes Sud -1999- 197 pages.

Myriam ANTAKI est née dans une famille chrétienne de Damas et a vécu à Alep jusqu'en 2011, date à laquelle elle s'est vue contrainte de partir en exil à Beyrouth avec sa famille.
Parfaitement bilingue, elle est l'auteure de plusieurs romans écrits en français, qui évoquent  son pays.
Curieusement, "Les versets du pardon", deuxième ouvrage de mon parcours à la découverte des écrivaines syriennes, fait exception à la règle en évoquant le drame de la Palestine.

Signature des accords d'Oslo. 13/09/1993.

Paru en 1999, ce livre, écrit  après la signature des accords d'Oslo, qui faisaient renaître les espoirs de paix entre l'état d'Israël et l'OLP, se veut porteur d'un message de réconciliation, par le biais du récit tourmenté d'Ahmed, jeune terroriste palestinien, dont l'exécution doit avoir lieu le lendemain.

Enfant "jeté à la porte d'un camp de réfugiés", élevé dans un orphelinat au Liban, il a trouvé, dans le terrorisme,  le moyen de donner un goût à sa vie.

Entré en possession d'une lettre de sa mère (Marie) et du journal de son père (David), qui jusque là lui étaient parfaitement inconnus, il nous  conte leurs parcours et donc aussi le sien, bouleversé autant par ce qui le lie à son père que par l'amour de sa mère. 
Il souhaite ainsi "réinscrire [sa] vie dans une confession de paix". 

A cette occasion, il nous donne à relire l'histoire d'une terre, de deux peuples et de trois religions déchirés, pour lesquels il voit poindre "une certitude d'espoir".

Ecrite sous la forme d'une longue incantation, qui parfois m'a portée, parfois m'a lassée, cette parabole, m'a, je l'avoue, laissée assez dubitative.

Peut-être, parce qu'elle est trop évidente, peut-être aussi parce que depuis le temps a passé.

Nous savons ce qu'il en est de cet espoir de paix. 
Nous ne pouvons plus lire avec la même distance, les mots par lesquels s'ouvre ce livre : "Je suis un terroriste, un rêveur"
Nous avons certainement perdu l'innocence de croire que tout pourrait se régler un jour.
Pour Ahmed, David et Marie, le chemin semble encore bien long. 


Traduit aux Etats-Unis en 2002 sous le titre "Verses of Forgiveness", ce livre a obtenu le "Hemingway Reward".

vendredi 9 février 2018

UNE PETITE PAUSE...



... qui s'est un peu prolongée. Je rassemble mes esprits et je reviens !


Benozzo GOZZOLI. Naissance d'Esaü et de Jacob. 1473-1475
Musée des Sinopies. Pise. Italie

jeudi 1 février 2018

UN SI PROCHE ORIENT





Auteure : Marie SEURAT
Editions : Grasset 1991 -219 pages-


L'Université du temps libre de ma petite ville propose cette année deux cours sur le thème de "La Syrie racontée par ses écrivaines".
Quatre livres sont donc au programme et les cours se déroulant au mois de mars, j'ai pensé, qu'il était temps de me mettre au travail. J'ai donc commencé par le premier de la liste, qui est également,  celui publié le plus loin dans le temps.
Il évoque, entre autre,  une  Syrie, aujourd'hui disparue puisque contemporaine de l'enfance et du début de l'adolescence  de Marie Seurat, née en 1949, ou plutôt de Marie Maamar Bachi, comme elle se nommait alors.

Autant le dire tout de suite, il ne s'agit pas de mémoires orientales baignant dans une douce nostalgie, mais plutôt du récit partiel d'une vie marquée par trop d'appartenances, par un drame majeur aussi : l'enlèvement par le Jihad islamique de son époux, Michel Seurat, le 22 mai 1985, son  décès en détention annoncé en mars de l'année suivante et les vingt années qui furent nécessaires, pour que le corps de celui-ci soit rapatrié en France.

Pourtant de Michel Seurat, il est assez peu question ici, même si son absence, plane sur tout le livre. C'est le décès en 1990 de son ami Jean-Pierre Thieck, orientaliste comme lui et soutien sans faille de Marie Seurat durant son épreuve, qui est à l'origine de celui-ci.


Qui suis-je ? Comment vivre, lorsque l'on est marquée par des identités multiples ? 

Pour moi telles sont  surtout les questions que se pose l'auteure, qui tisse sous nos yeux, le récit de sa vie, alternant les chapitres entre un hier oriental (Alep, Beyrouth) des lendemains mêlés (Oxford, New-York, Beyrouth), un aujourd'hui français, sans que jamais le lien avec ce "si proche Orient" ne soit jamais coupé.

Qui est-elle,  en effet, cette enfant gâtée d'une minorité chrétienne chassée d'Anatolie par les Kurdes ou les Turcs, née à Alep dans une famille de la haute-bourgeoisie, élevée par des nurses, puis dans une école chrétienne,  sous la haute-main de sa spectaculaire mère bardée de bonnes manières autant que de solides préjugés, adolescente  révoltée suivant sa famille à Beyrouth, provoquant père et mère  jusqu'à épuiser leur patience, jeune étudiante à Oxford, goûtant à la drogue, comme aux charmes de la gentry, graphiste à New-York, pour la revue Arab World, déclarant,  avec une certaine coquetterie, détester les livres tout en vivant  au milieu d'intellectuels...

Quant à la Syrie, "Terre monochrome et silencieuse" "prélude aux steppes de l'Asie", elle est décrite à hauteur d'une enfant qui mêle ses sensations, violentes et délicieuse aux certitudes, qui se révèleront si fragiles, des adultes qui l'entourent.

C'est un livre que j'ai trouvé très attachant "douloureux, indécent et d'une gaieté de funambule", comme semble l'être son auteure (ah les difficultés de l'écriture inclusive !),  agaçant parfois aussi, mais symbole également de courage et de désir de vivre.

"Vous avez la vie chevillée au corps", lui avait dit un jour un ami jésuite.

Cette vie,  Bien et Mal mêlés, Marie Seurat sait la rendre avec brio, dans un style vibrant, qui est l'un des grands charmes de cet ouvrage.





mercredi 24 janvier 2018

LA GUERRE ALLEMANDE. Portrait d'un peuple en guerre. 1939-1945




Titre original : "The German War- A Nation under Arms, 1939-1945 " 
Auteur : Nicholas STARGARDT
Traduction : Aude de SAINT-LOUP et Pierre-Emmanuel DAUZAT
Editions : La librairie VUIBERT  2017 -797 pages.



En 1983, paraissait aux éditions Fayard, l"Atlas Stratégique" de Gérard Chaliand et de Jean-Pierre Rageau. Celui-ci débutait par cinq pages de cartes regroupées sous le titre "Les visions du monde", qui présentaient celui-ci, tel que le voient en planisphère, l'Amérique du Nord,  feue l'Union Soviétique, l'Europe, la Chine et le monde arabo-musulman.
Ces points de vue différents, furent pour moi une découverte, un véritable choc, habituée que j'étais à voir le monde, réparti de part de d'autre de notre continent.

J'ai ressenti le même déséquilibre, en lisant le livre de Nicholas STARGARDT, qui comme l'indiquent titre et sous-titre aussi importants l'un que l'autre, présente la seconde guerre mondiale, telle que l'a vécue le peuple allemand, sur les fronts comme au coeur du pays mais également pourquoi  celle-ci  était justifiée à ses yeux.

En suivant un plan parfaitement chronologique, des prémices à l'effondrement final, l'auteur parvient à la fois, chapitre par chapitre, à décrire l'enchaînement des évènements et les réactions,  positives ou négatives des soldats comme de la population civile.

Pour ce faire Nicholas STARGARDT, s'est appuyé sur une vaste documentation,  des livres bien sûrs, mais également des journaux intimes, des lettres échangées entre époux, amants, parents et enfants, restés chez eux, déplacés, ou sur le front. 
On peut ainsi, peu à peu, suivre leur parcours (pas toujours complet) et découvrir l'évolution de quinze "personnages principaux", de profils contrastés, issus cependant majoritairement des classes moyennes, parfois supérieures, du menuisier de Thuringe au professeur d'université, en passant par la jeune et coquette photographe chargée de faire des clichés de propagande. 
Ils ont tous les âges, de l'adolescence à l'âge mûr,  sont protestants ou catholiques, certains sont juifs, partagent l'idéologie nazie totalement, peu ou pas.
D'autres témoignages plus ponctuels, complètent également ce tableau complexe qui mène souvent à s'interroger sur la nature de telle ou telle réaction, allemande ou seulement humaine, dans ce que ce mot à de moins brillant.

Si l'on se demande durant un moment s'il est possible de tirer  des conclusions générales d'un échantillon aussi restreint, on comprend vite que ces témoignages permettent surtout d'introduire magistralement la complexité  de l'humanité dans un corpus de connaissances -il y a près d'une cinquantaine de pages de bibliographie- toujours en construction, mais déjà bien établies.

M'ont particulièrement frappée :

- La volonté farouche et partagée de ne pas imposer à la génération suivante les affres de 1918.

- L'habilité diabolique, de la propagande, martelant année après année, que l'Allemagne était attaquée  par le capitalisme, puis le bolchevisme, juif international,"en vue de garder leur nation dans l'esclavage qui était le sien" depuis cette date.

- La façon dont Hitler, "pacificateur (autoproclamé) frustré",  s'est appuyé  "constamment sur le désir de paix des Allemands et les intentions de paix" pour "... doter le peuple allemand de l'armement toujours nécessaire pour fonder l'étape suivante". Il s'agit bien entendu du discours qu'Hitler répétait à l'envie, pour modeler l'opinion publique et y parvenir.

- La croyance qui en découle jusqu'en 1942, pour la majorité des Allemands que "la guerre demeurait encore une guerre de défense nationale".

- Le sentiment profond  jusqu'à la fin du conflit, fortement renforcé, après les bombardements des villes allemandes, d'être des victimes,  permettant de justifier, parfois inconfortablement, que "la guerre [soit] devenue impériale et génocidaire".

- A partir de 1941, ce que l'auteur nomme "le secret partagé", c'est à dire  le sort réservé aux Juifs. Comme l'écrit dans son journal, une jeune journaliste, en comparaison des bombardements et du rationnement la " grande masse de la population est indifférente, voire approuve, l'éradication des Juifs", même si inversement, certains, craignent d'être allés trop loin et de devoir payer pour cela.

- L'attitude, parfois courageuse, souvent  très qu'ambigüe des églises catholique et protestantes.
A l'inverse, les positions pacifistes affirmées jusqu'à la mort,  des Témoins de Jéhovah et de quelques opposants comme ceux du mouvement de "La Rose Blanche".

- L' organisation presque sans faille , des services d'aide à la population.

- Le jusqu'au boutisme de la plupart des dirigeants, pour lesquels contre toute évidence, il fallait "tenir", quitte à sacrifier pour cela, des milliers d'hommes, d'adolescents, voire d'enfants.

- Le démantèlement de la solidarité nationale "sous la force de l'invasion alliée", entraînant, l'exacerbation des "fidélités locales", avec sa suite d'exactions parfois terribles entre concitoyens : pillage, viols, exécutions... 

- La guerre terminée, les "barrières de silence" qui s'élèvent entre les générations à propos des calamités que les plus anciennes ont  provoquées, tout en en souffrant elles-mêmes. 


C'est curieusement un livre facile et difficile à lire. Si le style est très clair, l'enchaînement des horreurs est, comme toujours sur ce sujet, accablant.
Mais ce sont surtout les réactions des acteurs,  de cette  tragédie, qui rendent le parcours ardu. Adhésion farouche ou plus molle, engrenage infernal, déchaînement des instincts les plus vils, inconscience coupable, remords souvent vite écartés.... On s'y perd, on s'interroge, bien persuadé au fond de soi, que tout peut recommencer ici ou ailleurs.


Peinture rupestre : la guerre à la préhistoire.
Source : doltopamartsplat.overblog.com

Pour terminer tout de même sur un sourire, voici la dédicace laissée par mon petit-fils de 19 mois, sur la page de garde, découverte juste au moment où je refermais ce livre, en soupirant.



Un futur historien ?

jeudi 18 janvier 2018

LE DERNIER ERMITE








Titre original : "The stranger in the woods"
Auteur : Michael FINKEL
Traducteur : Johan-Frederik Hel Guegj
Editions : JC Lattès. 2017. 272 pages


De 1987 à 2014, soit durant 27 ans, le camp d'été pour enfants souffrant de handicaps de Pine Tree et les trois-cents bungalows  qui s'échelonnent le long des vingt-trois kilomètres qui délimitent  l'Etang du Nord et le Petit Etang du Nord,  non loin du village d'Albion dans le Maine, furent la cible de multiples vols aux caractéristiques similaires : des vols "propres", pas du vandalisme,  des objets ciblés : vivres surtout sous emballage, matériel de camping, vêtements pour homme, piles, livres et revues, très peu d'argent...
Le voleur était si prévisible que bientôt chacun sut qu'il était "un bec sucré",  préférait un certain type de bière à un autre et les slips aux caleçons.
On invoquât d'abord une bande d'adolescents, puis petit à petit, le Maine ayant toujours été "une terre d'excentricité", se construisit la légende de l'ermite.


North Pond et Little North Pond 
Source :daysrealstate.com


Mais tout lasse.
En 2004 , la plupart des bungalows ayant été visités,  aucune trace ne permettant de suivre une quelconque piste, les battues au milieu des bois et des amas de rochers qui forment l'environnement des étangs étant restées infructueuses, une caméra à détecteur de mouvement  fut installée par l'un des propriétaires. Elle  permit enfin d'apercevoir le responsable de tous ces troubles : un homme vêtu proprement "ni émacié, ni barbu", pas particulièrement "agile ou robuste" : rien d'un homme des bois, non, un  "Monsieur Ordinaire", dont, malheureusement le visage restait flou.
Ce n'est que dix ans plus tard, qu'un un garde-chasse amateur de technologie de pointe réussit à le piéger :

Christopher KNIGHT, 49 ans, cinquième enfant d'une famille de"gens de la campagne" du tout proche village d'Albion, brusquement disparu à l'âge de 22 ans, sans que rien ne puisse l'expliquer. Juste un garçon silencieux et timide, "mais pas du tout bizarre".

Cette découverte entraîna un énorme tapage médiatique dans tous le pays.

Seul, Michael FINKEL, journaliste dans le Montana, réussit à entrer en contact avec lui, en lui adressant une lettre respectueuse, dans laquelle il évoquait son goût pour la nature et la littérature. Une semaine plus tard, il recevait une courte réponse rédigée au dos d'une photo d'un vieil homme, qui avait toujours vécu dans la brousse. Une correspondance espacée suivit ainsi que quelques rencontres durant l'incarcération de KNIGHT, puis après sa sortie de prison.


Le camp de Christopher KNIGHT

Source : mainepublic.org


C'est à partir de ce matériau, enrichi par la visite de l'extraordinaire "camp" que Christopher KNIGHT avait établi peu à peu, que Michael FINKEL a écrit cet ouvrage.
 Il y dresse  le portrait (est-ce d'ailleurs possible ?) de cet homme, qui a choisi de vivre  la vie dont il avait besoin : rêver, "penser à tout ce qui [lui ]passait par la tête", "observer la nature", lire, écouter parfois la radio, survivre aussi, tache épuisante dans cet environnement, être seul (27 ans), en affirmant cependant ne jamais l'avoir été. Vivre.
Son seul regret, ou plutôt sa honte : avoir volé, seule façon pour lui de pouvoir échapper "au contact des autres", qui "le soumettait à un état de tension permanent".

J'ai beaucoup aimé ce livre, histoire d'une rencontre, aussi courte fut-elle, entre deux hommes, capables de pleurer ensemble.

J'aimerais apprendre un jour que Christopher KNIGHT  a pris à nouveau une route, que tout le monde ignore et que surtout que personne ne souhaite connaître.

jeudi 11 janvier 2018

POUR TANIA


Deux clichés, pour Tania, qui nous a si bien parlé de Marguerite Yourcenar récemment et pour Christian également qui avait fait de même un peu avant.




Le bois et la rivière , près desquels est déposée l'urne contenat les cendres de Marguerite Yourcenar, sous cette simple petite dalle.





Je n'ai jamais rien vu d'aussi apaisant.